En mettant de l'essence, cette personne est intéressée pour acheter
la voiture, nous dit de la suivre chez elle pour discuter des conditions d'achat,
etc...
Donc on suit avec Abdelhaye et Lamine chez le bonhomme.
Arrivés chez lui il nous offre à boire, et on commence à parler
de l'affaire.
Notre problème est qu'on doit aller au Sénégal ou plutôt
essayer de rentrer au Sénégal et revenir dans 15 jours mais c'est
vrai que l'on prend un risque car on ne sait pas combien de temps va prendre
la vente de la voiture lors de notre retour en Mauritanie et si on à réservé les
billets d'avion c'est prendre un énorme risque de perdre le billet...
Donc la solution, c'est Boubacar qui nous la donne.
On est jeudi soir, Boubacar aura l'argent lundi 12 septembre, il nous achète
la voiture 1800 euros, il nous loge gratuit jusqu'au lundi soir, on peut déposer
tous les bouquins et les affaires chez lui et en plus il peut nous amener jusqu'à Sokone
avec les livres en participant aux frais d'essence (50 euros).
Donc nous, on vient d'arriver du désert, on est fatigués, c'est
une solution facile, on vend la voiture, on se débarrasse de ce problème
là et ensuite on est au Sénégal et on repart du Sénégal.
Donc on est près à accepter mais on veut comme même voir
Oliva de l'auberge Menata pour lui demander pour les billets d'avion si on
peut les annuler et lui demander ce qu'elle en pense.
Mais finalement en arrivant à l'auberge Menata, Olivia n'est pas là.
On prend donc congé de l'arnaqueur Abdelhaye qui nous a dit qu'on pouvait
avoir confiance avec Boubacar car il avait parlé avec lui avec des termes
concrets de businessman mauritaniens.
Et on décide d'accepter la proposition du roi des arnaqueurs Boubacar.
Jeudi 9 septembre au soir on décharge donc tous les bagages chez lui
il nous fait manger, je lui donne les clés de la voiture pour qu'il
la gare.
Donc pendant la durée du séjour, il est aux petits soins avec
nous, il nous nourrit, nous fait visiter la ville, etc…
Pendant ce temps il me demande mon passeport pour faire les démarches
pour le dédouanement de la voiture, il me demande les clés car
il dit qu'il faut garer la voiture dans un parking surveillé, il me
demande la carte grise du véhicule. En clair la voiture est plus là,
il se l'est accaparé, elle est déjà a lui et je n'ai pas
encore l'argent.
A chaque fois que je refusais de lui donner quelque chose, il s'offusquait,
me disait d'avoir confiance, que c'était un vieux, qu'il fallait avoir
confiance…etc
On logeait chez lui, on ne s'est pas assez méfiés, c'est vrai
qu'il n'aurait jamais fallu donner les clés sans avoir l'argent.
Arrive lundi, Boubacar prétexte des excuses. Le 4*4 qui doit nous amener
jusqu'au Sénégal est en panne, il part le lundi soir pour le
réparer qu'il a dit et ne passe même pas la nuit chez lui.
Bref finalement le mardi le 4*4 arrive, on charge les affaires et on est prêt à partir.
On a deux jours de retard, Lamine est dégoûté, il veut
absolument partir au Sénégal, ça fait déjà 15
jours qu'on est partis et on est pas encore arrivés.
Juste avant de partir, je vois Boubacar avec une liasse d'argent en liquide,
je lui demande alors mon argent : il me dit "attends! On va voir ça à Rosso".
Moi je lui fait toujours confiance, je suis quand même énervé contre
lui car tout ne s'est pas bien passé comme prévu mais on part
enfin, on a assez perdu de temps comme ça!
Finalement une fois arrivés à Rosso, l'arnaqueur nous met devant
le fait accompli : un ami qui devait lui prêter l'argent est parti en
Gambie la veille et il n'a pas tout l'argent. On rage.
Boubacar commence a compter l'argent, il sort des Ouguiyas alors qu'on a parlé en
Euros, commence a vouloir nous arnaquer sur le taux de change : 300 Ouguiyas
donne 1 Euro alors qu'il en faut 420.
Bref je gueule, je dis qu'on n'a jamais parlé en Ouguiyas, que je veux
des Euros.
Bref finalement il n'a que 400 Euros, son ami revient de Gambie dans une semaine
et il suffit qu'on revienne à Rosso pour récupérer le
reste de l'argent.
Donc on parle des heures durant, je refuse les propositions de Boubacar, on
s'est fait arnaquer et l'enfoiré nous met devant le fait accompli, on
est à Rosso avec tous les bagages, on doit arriver au Sénégal,
on est vraiment dans une situation délicate.
En plus on est pressés par le temps, le bac de Rosso va fermer et il
va falloir attendre demain pour traverser.
L'autre solution, c'est de revenir à Nouakchott et attendre une semaine
: impossible! Encore une autre solution, c'est de récupérer la
voiture, mais Boubacar qui a déjà entamé les procédures
et qui a soi disant fait des réparations nous demande 400 Euros pour
la récupérer.
Bref la solution la meilleure, c'est d'accepter ce que nous dit Boubacar, mais
il nous faut des garanties!!
Donc on cherche un commissariat à Rosso pour faire un papier devant
la police comme témoin. Mais c'est tard, la police nous dit de repasser
demain. Le 4*4 est déjà de l'autre côté au Sénégal
avec le chauffeur, il a pris le dernier bac. Finalement, on ne fait qu'un papier
entre nous pour l'instant en se disant qu'on en fera un au Sénégal
(enfin ça n'aurait servi à rien car le problème n'est
pas du ressort de la police Sénégalaise) et Boubacar nous laisse
sa pièce d'identité.
En fait on le saura après mais il a fait une fausse signature et sa
pièce d'identité n'était qu'une copie.
Donc on passe la frontière à 9h du soir et on paye les heures
supplémentaires, tout ça à cause du temps perdu à essayer
de résoudre le problème.
En prenant la pirogue qui nous fait traverser le fleuve, on fait la connaissance
de Mokhtar, qui nous dit de nous méfier du Maure car la plupart sont
comme ça.
Finalement on traverse donc, on fait les formalités et on part en direction
de Saint-Louis, ou l'on dort.

Le mercredi 15 septembre on reprend la route. Pendant le trajet un policier
nous arrête et fouille le chargement de livres, il nous dit que c'est
illégal, qu'il faut un papier de la douane, que nous allons revendre
tout ça au marché noir!
En fait cet enfoiré cherche des sous, finalement la seule solution est
de le payer, Boubacar lui glisse 10 euros dans sa poche.
Et le policier n'a pas fini : il continue son jeu, nous dit que Boubacar est
qqn de bien car il lui a dit qu'il nous a logé, etc… En clair
le policier nous dit que nous sommes des trafiquants de livres au marché noir
et que Boubacar est un ange, je crois rêver, cet enfoiré de policier
fait du tord à son propre pays et il a le culot de la ramener…l'injustice
est la pire des cruautés.
Finalement on arrive à Sokone (près de Kaolack) après
une dure journée de route au Sénégal, on ne fait même
pas le papier devant la police, on est découragés.
L'arrivée est joyeuse, Lamine n'avait pas prévenu qu'il arriverait,
tout le monde participe au déchargement qui se fait en 1 mn, tout le
monde est joyeux, tout le monde??
Boubacar va partir avec son chauffeur, cet enfoiré nous presse, on parlemente
encore, car en fait on n'a aucune garantie qu'il va bien nous apporter l'argent
dans une semaine. Finalement on garde le papier signé comme quoi il
nous doit 1400 Euros et on garde sa pièce d'identité, seule garantie.
Le pire c'est que sur le moment, je ne suis pas encore persuadé à 100%
de l'arnaque, je veux pas y croire car ça gâcherait le reste du
séjour.
Finalement, après avoir parlementé, j'ai le choix entre repartir
avec Boubacar à Nouakchott pendant une semaine pour attendre l'argent,
comme ça je pourrais mettre la pression à Boubacar tous les jours
et ne pas le lâcher d'une semelle, ou bien rester au Sénégal
et aller récupérer l'argent à Rosso dans une semaine.
Bon je me dis que si je repars en Mauritanie, c'est vraiment la régression,
je vais passer une semaine de merde, ça va tout gâcher.
Tan pis, je prends le risque, je fais une fois de plus confiance à Boubacar,
de toute façon, je n'ai pas le choix, on est devant le fait accomplit,
c'est nous qui avons fait l'erreur de lui donner les clés au départ,
il faut assumer…
Donc voilà, on reste donc au Sénégal, je commence à découvrir,
on part sur Dakar pendant 2 jours pour se renseigner sur les billets d'avion.
On revient ensuite à Sokone.
Tout se passe bien mise à part le fait que l'on ne bouge pas beaucoup…
Bref arrive le mercredi, Boubacar doit me rappeler, il ne le fait pas alors
je le rappelle, mais il me dit que son ami n'est pas revenu de Gambie et qu'il
revient samedi, arrive le samedi, il me dit mardi, mardi il me dit mercredi,
mercredi il me dit dimanche…bref, l'arnaque est là! Je suis donc
obligé de remonter en Mauritanie résoudre le problème.
Pendant ce temps j'essaye de passer du bon temps au Sénégal mais
c'est dur car je suis toujours obligé d'être prêt à partir à Rosso
: eh oui, j'y ai cru jusqu'au bout…
Finalement je suis quand même parti pendant deux jours faire un tour
en pirogue dans les îles du Saloum. C'est tout prêt de la Gambie,
c'est très joli, l'endroit est assez peu habité, le seul moyen
de locomotion est la pirogue.
Donc en revenant de ce petit voyage, on est jeudi 30 septembre, une semaine
après le mercredi 22 septembre, date à laquelle Boubacar devait
m'amener l'argent. Je décide donc de repartir en Mauritanie pour récupérer
l'argent car je suis à présent persuadé que c'est la seule
solution, qu'il faut faire cracher Boubacar.
Donc je prends la route le vendredi 1 octobre et j'arrive à Rosso le
soir même. Là je contacte Mokhtar, le mauritanien noir qui nous
avait dit de ne pas faire confiance à Boubacar lors de notre premier
passage à Rosso. Lui est honnête au moins (du moins je le saurais
très bientôt…), il m'écoute, m'aide à passer
le frontière car je n'ai pas de visa.
Finalement on part ensemble à Nouakchott dans sa famille et il est résolu à m'aider à récupérer
mon argent… Bon évidement il ne fait pas tout ça gratuitement,
il devait se dire que si on récupère l'argent, il pourra avoir
une commission.
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