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Puis l'arnaqueur sort (Abdelhaye) et commence à dire qu'on est pas du tout sur le bon chemin, qu'il nous a cherché, qu'il nous a retrouvé car il a demandé à des gens se trouvant sur le bon chemin...bref
Tout est business ici, on se met d'accord avec l'arnaqueur Abdelhaye et il nous prend 20 euros pour nous amener jusqu'à la route. De toute façon on a pas le choix, il fait presque nuit et il faut qu'on le reconnaisse, on s'est complètement paumés!!
Abdelhaye, le guide de MauritanieLe guide conduit ma voiture avec Lamine, moi je prends son 4*4, au moins c'est une petite compensation de ce que cet arnaqueur va nous faire payer. C'est plus agréable de conduire un 4*4 qu'une Mercedes sur une route défoncée.
Arrivés à la route, il fait nuit, c'est trop tard pour prendre la direction de Nouakchott, Abdelhaye nous propose qu'on rajoute 50 euros pour qu'on vienne dormir GRATUIT dans son auberge et que c'est mieux de partir demain matin très tôt pour qu'il nous emmène jusqu'au deuxième goudron.... Oui car en fait le goudron sur lequel on se trouve se termine très vite, il y a ensuite 100 Kms de pistes, 170 Kms de goudron en encore 150 Kms de pistes avant d'arriver jusqu'à Nouakchott. Moi je pensais qu'il suffisait de suivre la route en construction, que c'était facile, mais vus qu'on s'est paumés, ça prouvait que l'avis que j'avais eu sur Internet n'était pas bon.
Bon on est devant le fait accomplit, il fait nuit on est crevé on est sale, le guide profite de la situation, il est en position de force et il le sait bien : on est obligé d'accepter.
Donc nous voilà partit dans la direction opposée à la notre : on va à Nouadhibou (qui se trouve sur une avancée de terre) dans l'Auberge de l'arnaqueur, en fait il reste 1h 30 de route mine de rien.
Bon le soir Abdelhaye nous propose de changer des euros. M'étant fié à un avis sur Internet erroné (encore un!), je ne suis pas sûr du taux de change et il nous donne 300 Ouguiyas pour 1 Euro alors que c'est normalement 370-380 ouguiyas pour un euro.
En fait en Mauritanie c'est bizarre. En banque on donne 325 ouguiyas pour 1 Euro et on doit donner 340 Ouguiyas pour avoir 1 Euro MAIS...le problème est qu'il n'y a pas un pet d'euros en Mauritanie, et que c'est très difficile de s'en procurer dans les banques, c'est la pénurie! En fait les euros ne sont délivrés que aux gens en possession d'un billet d'avion pour l'Europe. C'est pour ça que le marché noir à un taux si bizarre, le taux est plus important que celui de la banque, que ce soit à l'achat d'Ouguiyas, ou à la revente, alors que ça devrait se situer au milieu de taux de la banque. Mais le problème de l'Ouguiya, c'est que c'est une monnaie qui reste dans le pays, elle n'en sort pas, elle n'a pas de taux officiel sur le marché international, c'est pourquoi au marché noir, on te donne 370 Ouguiyas pour 1 euro, par contre on va te demander 420 Ouguiya pour avoir 1 euro.

Bon bref revenons à nos moutons, le guide nous a arnaqués sur le taux de change, il est allé acheter une roue de secours 20 euros et je suis sûr qu'il nous a aussi arnaqués.
Bon finalement on dort bien dans son auberge d'arnaqueur, et au lieu de partir à 5h comme le guide nous a dit : on part seulement à 7h car le guide ne s'est pas réveillé (enfin, nous non plus d'ailleurs).

On est donc trois dans la voiture, Lamine et moi côté passager et Abdelhaye au volant. Bon il faut l'avouer, même si c'est un arnaqueur, c'est un pilote et on n'aurait jamais pu faire le voyage tout seul sans s'ensabler ou se perdre. Et ici gare à l'ensablement!!! On est dans le désert, ne l'oublions pas! Ici tout est business, des mauritaniens (dont Abdelhaye lui même) sont spécialisés dans le désensablage des ensablés! En fait ils sont à l'affût des gens qui s'ensablent, surtout les touristes et ils leur demandent des sommes exorbitantes (200 à 300 euros) pour les sortir de là. De toute façon c'est le désert, il n'y a personne aux alentours et les gens sont obligés d'accepter en général.
En parlant d'ensablement, il fallait bien que ça arrive. Voilà le cadre : "Abdelhaye le pilote", pilote, on a confiance en lui, mais il y a tellement de pistes que l'on s'y perdrait. C'est faux de dire que les guides connaissent le chemin par coeur, les pistes changent tous les jours, le vent souffle très fort dans le désert et une piste praticable un jour peut devenir ensablée et impraticable le lendemain. Les guides connaissent donc en gros le chemin, ce sont des bons pilotes et ils savent conduire dans le désert, c'est comme ça qu'ils s'en sortent car ils connaissent tous les pièges à éviter.
Le désert mauritanien et un troupeau de chameauxMais en parlant de piège, Abdelhaye est tombé dans un piège : au début la piste était bonne, c'est plat, on roule très vite car sinon on s'ensable. En fait le désert c'est une alternance de pistes dures, et pistes moues (ensablées), mais en général, les sections ensablés sont assez courtes pour que, si on y arrive à fond, on puisse passer sans s'ensabler mais le problème c'est qu'on est arrivés à une section ensablée qui était très longue, petite faute d' Abdelhaye en rétrogradant et c'est l'arrêt, le sable dur est à quelque mètres seulement. Bon bref on est ensablés quoi...
Donc on sort de la voiture et Abdelhaye le pro du désert commence à déconner : on le sait très bien, lord d'un ensablement, si on fait pas les choses bien dès le début, ça empire, et c'est exactement ce qu'Abdelhaye a fait : il a voulu qu'on pousse seulement la voiture sans la décharger et sans utiliser les plaques de désensablement. Mais ça a empiré, on a ensuite déchargé la voiture, enlevé le sable sous les roues, réessayé alors que le travail était bâclé et c'était clair que la voiture n'allait pas sortir. Donc finalement la voiture n'avait plus de portance sur ses roues, à force de patiner dans le vide, elle reposait sur son bas de caisse. Le travail était encore plus important, des kilos de sable à enlever alors qu'il aurait fallu faire correctement le travail au départ.
Bref, moi je rigolais, Lamine rageait, disait qu'il avait pas payé pour enlever du sable. C'est vrai que Abdelhaye le bedaineux répétait sans cesse "c'est rien du tout ça!! Rien du tout, un tout petit ensablement on va s'en sortir sans problèmes, il suffit d'enlever le sable sous la voiture!" mais lui n'en foutait pas une. Il faisait semblant de travailler mais parlait plus qu'autre chose. Bon en plus un vent de sable se levait et il fallait se dépêcher car qui dit vent de sable dans le désert dit se blottir et attendre que ça passe. En fait le vent, ne s'est pas trop levé donc ça allait.
Finalement, Abdelhaye a dégonflé les pneus au maxi, on a bien enlevé le sable, je sais plus combien de tentatives on a fait mais c'était pas mal et on s'en serait jamais sortit tout seul.
C'est alors qu'un Mercedes 190 D sort de nulle part : 2 mauritaniens en sortent : entre mauritaniens ils ne se font pas payer quand même, le guide est assez connu dans la région.
4 bras en plus à pousser, ça paye, la voiture est sortie toute seule. Les 2 mauritaniens sont autant dans le pétrin que nous car leur moteur chauffe énormément et ils n'ont plus une goutte d'eau : on leur donne un bidon de 5 litres pour les remercier du service rendu : ça serait bien que ça se passe comme ça plus souvent : juste de l'entraide sans question d'argent, mais hélas ce n'est pas le cas tous les jours.
Bon bref on est sortit de l'ensablement au bout de 2h de temps, c'est bien mais il faut regonfler les pneus et la pompe est aussi pourrie que le cric : bonne à jeter, elle ne gonfle rien du tout.
Mais miracle un camion passe à 100m de nous et il à un compresseur, il suffit de le rejoindre pour se faire regonfler : c'est marrant la conduite sur le sable avec des pneus dégonflés.
Bon bref après avoir tout rechargé (les caisses plus tout le foutoir sur les banquettes arrière), on est repartit.
Là pas grand chose à raconter si ce n'est juste avant d'arriver au goudron, on aperçoit au loin une dizaine de voitures et camions immobilisés : je demande à Abdelhaye ce que c'est, il ne me répond pas il est concentré, crispé sur son volant, c'est une nouvelle dune qui n'était même pas là il y a une semaine, tous les gens qui sont arrêtés sont en fait ensablés. Abdelhaye fonce à 100 à l'heure, il fonce droit sur une voiture ensablée, mon dieu, on va se la prendre, on frôle la voiture, on passe a fond sans s'arrêter, il faut le vivre pour ressentir ce que ça fait, et finalement ouf, on sort de la dune sain et saufs et on atteint la partie dure. Je me retourne : tous ces pauvres mauritaniens sont tous ensablés, certains peuvent rester des jours comme ça. Abdelhaye nous parle : "c'est comme ça c'est le désert, on a pas le temps de s'arrêter pour les aider, personne n'a le temps, ils se débrouillent comme ils peuvent".
La route de Mauritannie en constructionBon voilà on arrive au goudron, on va bientôt quitter le guide, il essaye d'arrêter un 4*4 qui nous croise mais le maure au turban ne s'arrête même pas : il est pressé car il veut avoir l'argent de ceux qui sont ensablés.
Voilà, une fois arrivé au goudron, Abdelhaye rentre en action, il a parlé au camion qui nous a regonflé les pneus : la partie non goudronnée qui reste juste avant Nouakchott est dure soi disant, il y a du sable qui a recouvert la piste. Bon on rajoute 40 Euros jusqu'à Nouakchott.
Après ce qu'on a vu, on ne veut pas prendre de risques, on décide donc de payer.
Le restant du voyage se passe sans problèmes. En fait on aurait peut-être plus s'en sortir tout seul car les bouldozeurs venait de rouvrir une autre piste. C'est comme ça dans le désert, sur une multitude de pistes, une seule est bonne, mais il fait savoir laquelle, et ça change chaque jour. En plus de ça les pistes que les 4*4 peuvent emprunter ne conviennent pas aux berlines, il faut donc être vigilant et ne pas suivre un 4*4 en se disant que si il passe, on passe.
Bon donc le voyage jusqu'à Nouakchott s'est passé sans encombres, rythmé par les contrôles de la police, de la gendarmerie et de la douane. On a donc encore distribué des livres mais certains abusent, ils prennent ça comme un dû et marmonnent à peine un merci.
Arrivés à Nouakchott, On devait faire 3 choses : Abdelhaye devait nous présenter un ami à lui qui tient une auberge et qui pouvait nous avoir des contacts pour vendre la voiture, on devait passer par l'auberge Menata car Olivia, la gérante nous avait réservé des billets d'avion pour le 1 octobre et on devait aussi faire le plein d'essence.
Donc nous en fait on était partit dans l'idée d'essayer de rentrer au Sénégal avec la voiture pour déposer les livres, faire un petit tour avec la voiture et puis revenir pour quelques jours en Mauritanie, juste le temps de vendre la voiture avant de rentrer en France, c'est comme ça qu'on voyait les choses.
Donc avec Abdelhaye, on est allé voir son auberge mais le patron n'était pas là, on est donc allés mettre de l'essence et là!!! Surprise on tombe sur le roi des arnaqueurs : Boubacar.

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