Conduite de nuit au Maroc : bof, il faut s'y faire, ce n'est pas si
dangereux si on est vigilant! Une fois arrivés à Essaouira, à 3h
du matin, on décide de dormir dans la voiture car il fait extrêmement
froid dehors...et le matin, ça ne rate pas, la douleur à la rate
me revient car j'ai très mal dormit!!
Bon donc le lendemain on roule et on roule encore, le paysage défile,
les arganiers sont envahis par les chèvres qui se délectent de
leurs feuilles. De nombreux vendeurs d'huile d'argan nous sollicitent au passage,
on se dit qu'on va s'arrêter pour en acheter, mais finalement on tarde
trop et il n'y a plus de vendeurs... On passe par Agadir, mais on ne s'arrête
pas et on arrive finalement le soir à Tan-Tan, décidés à dormir
dans un hôtel car j'ai vraiment très mal à la rate et on
a été obligé de s'arrêter tout l'après midi
tellement la douleur faisait mal.
Le lendemain, je pensais que ça irait mieux, eh bien pas du tout, la
douleur est très présente et je suis obligé d'aller consulter
un médecin. L'hôpital est bondé de monde mais heureusement
j'y suis allé avec un voisin de l'hôtel qui vient d'Agadir et
il connaît un des médecins qui vient d'Agadir donc évidemment ça
facilite les choses et je suis reçu en consultation directement!
Après les achats de médicaments, on repart, assez perdu de temps
comme ça!
Le
désert commence à être de plus en plus désert!
Il fait chaud, le paysage est aride, les postes de police se succèdent
et deviennent très fréquents car on est entrés dans le
Sahara Marocain, contesté par la Mauritanie, le Maroc, revendiqué par
les Polizarios, soutenus sous la cape par l'Algérie qui voudrait bien
avoir un accès à l'Atlantique pour exploiter les minerais très
présents dans le sahara…le problème est complexe et ne
risque pas d'âtre résolu.
Le moteur chauffe, l'eau est précieuse, la route est longue, déserte,
droite, envahie par les dunes par endroits, en réparation pendant quelques
centaines de mètres à d'autres, des panneaux "attention
au dromadaires" bordent le côté de la route.
Le soir, on dort, ou plutôt je dors dans une station service, Lamine,
lui préfère la voiture.

Le matin, on repart aux aurores, j'ai bien dormi, c'est mercredi, ça
fait une semaine qu'on est partit et vers midi, nous voilà arrivé à Bir
Gandouz, poste frontière marocain. Houlà, toute de suite l'atmosphère
change, les marocains qui étaient si gentils pendant la route deviennent
de plus en plus froids, alors qu'il fait de plus en plus chaud.
On croise les premiers maures, typiques avec leurs habits longs et leur turban
qui ne laisse entrevoir que leurs yeux. La plupart les cachent cependant avec
des paires de lunettes flambantes neuves.
Les formalités de sortie du Maroc se passent sans problèmes,
on distribue de l'eau et des gâteaux pour détendre l'atmosphère.
Un douanier nous demande si on a fait bonne route, je lui dis oui, et il me
dit mais vous avez crevé! Je regarde : en effet, la roue est à plat!!!
Merde, ça tombe mal, juste avant d'attaquer le désert, plus de
roue de secours!!! Pas le choix de toute façon, il faut vider le coffre,
enlever tous les 13 cartons, 200 Kg de livres pour pouvoir accéder à la
roue de secours qui est évidemment dessous. Donc on commence à changer
le roue : prenons le cric! Il ne me semble pas solide, et ça ne rate
pas : le cric est pourri, il se casse sans réussir à soulever
la voiture d'un centimètre!
Mais heureusement, deux 4*4 suisse allemands, qui viennent d'arriver au poste
frontière nous prêtent leur cric : là, pas de problème,
la voiture se soulève comme une plume, on répare, on rend le
cric, et on repart sur les quelque mètres de goudron qui restent.
Donc au bout de quelque mètres, voilà, plus de goudron, bienvenue
en Mauritanie, on roule à présent sur un simple chemin de cailloux,
il est midi, le moteur chauffe énormément, je rage car j'ai négligé de
faire la petite transformation au Maroc qui consiste à faire tourner
le ventilateur du radiateur tout le temps à plein régime.

Finalement, on arrive près d'une carcasse de camions, là une
dizaine de maures sortent de nulle part et nous assaillent de toutes part :
ce sont des guides pour la plupart : ils offrent leurs services.
En fait moi je me suis fié à un avis que j'ai eu sur Internet
comme quoi on pouvait faire la traversée du désert, c'est à dire
rejoindre Nouakchott, la capitale de la Mauritanie, sans guide, en suivant
la nouvelle route en construction.
Donc on ne s'arrête pas et on continue le chemin, arrivés à un
croisement, on prend la route de gauche, mais le moteur est tellement chaud
qu'on est obligé de s'arrêter très vite. Et évidemment
les guides rappliquent, nous disent qu'on a pris le mauvais chemin, on commence à négocier,
ils fixent le problème de chauffage du moteur, enfin le moteur ne chauffe
plus, c'est déjà ça!
Donc après de longs palabres avec des maures, on a fixé le prix
de 50 euros pour se faire accompagner mais on décide de partir tout
seul et de se fier à l'avis que j'ai eu sur internet.
On prend donc congé des guides et on leur donne des jus et des gâteaux
pour les remercier d'avoir résolu le problème de moteur.
Le but maintenant est de trouver le poste frontière de la Mauritanie,
qui se trouve à 8 Kms de là, en empruntant la bonne piste!
Finalement, des gens nous renseignent au croisement ou nous nous étions
trompés et nous partons donc sur la piste de droite, la bonne!!
Mais hélas, les pistes se mêlent et s'entrecroisent, la voiture,
qui est très chargé, souffre, un camion suit une piste parallèle
et nous fait de grands signes de le rejoindre, on essaye de le suivre mais
il va très vite, on arrive pas à dépasser les 5 km/h,
tellement la piste est défoncée, et tellement c'est dur de conduire
dans ces conditions.
Après trois heures de route, on doute : est-on sur la bonne piste? Au
loin, j'aperçois une petite cabane en pierre de 2mètres sur 2
: non, c'est pas possible, c'est pas ça le poste frontière!
Une fois arrivés, si si , c'est bien le début du poste, un policier
en uniforme sort de la cabane, il vérifie nos passeport, puis nous dit
qu'il faut continuer quelques mètres et derrière le promontoire
rocheux se trouve le poste ou il faut faire les formalités d'entrée.
Là-bas, c'est pareil, sauf que les bâtiments sont un peu plus
grands, enfin pas tellement plus!
Je paye environ 15 euros pour la voiture, les douaniers inspectent le contenu
de la voiture, ils veulent des livres : on leur en donne quelques uns.
Au poste, un guide, Abdelhaye, nous propose ses services, il nous assure que
ce n'est pas faisable seul. Nous refusons, persuadés, vus qu'on a réussit à arriver
jusque là, que le reste est aussi facile...ou difficile...
Donc on se fait bien expliquer la route par les gardes du poste frontière
: "dans 200m au premier croisement, tu prends à gauche, ensuite
tu fais 1km et tu arrive au deuxième croisement ou là aussi tu
prends à gauche, puis tu fais 2 Kms et tu arrive au troisième
croisement, ensuite tu continues et tu arrives en longeant la voie ferrée,
puis le goudron n'est pas loin, tu le verras".
Bon ça a l'air simple, il faut toujours prendre à gauche!!!
Malgré l'insistance du guide, on part tout seuls, hum, premier croisement, à gauche,
OK, deuxième, à gauche, troisième croisement, on hésite
car la piste n'a pas l'air très bonne...bon on prend à gauche...
avec tout ça le soleil comment à se coucher mais on est confiant,
perdus au milieu de nulle part, avec personne à l'horizon. Et...
L'ensablement! Le premier : bon c'est pas très grave, mais dans un ensablement,
si on ne fait pas les choses bien dès le début, ça empire...donc
on ne prend pas de risque et on décharge tout les cartons... on est
pas à un déchargement près!
Bon finalement on a réussit à s'en sortir, et juste au moment
ou on a rechargé les cartons et qu'on veut repartir : un 4*4 à pleine
vitesse arrive, nous frôle, j'aperçois le visage fier et arrogant
du guide du poste frontière, Abdelhaye, ainsi que d'autres mauritaniens,
le 4*4 s'arrête en faisant limite un frein à main.
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